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« Confederalisme, dat zal zonder de MR zijn »

‘Want als die onder druk komt, steekt het populisme de kop op », zegt Georges-Louis Bouchez, de nieuwe politieke woordvoerder van de partij en een van de weinige Franstalige blauwen die op 14 oktober vooruitging. Zijn recept? Geen populisme, maar heldere voorstellen, persoonlijk aan de man te brengen.

(article en version originale à lire sur www.standaard.be )

INTERVIEW DE GEORGES-LOUIS BOUCHEZ, PORTE PAROLE DU MR

“Le confédéralisme ce sera sans le MR”

Dans les mois à venir, le MR misera tout sur la classe moyenne. « Parce que ce sont eux qui se sentent sous pression, cela favorise l’émergence du populisme », déclare Georges-Louis Bouchez, nouveau porte-parole politique du parti et l’un des rares bleus francophones à avoir largement progressé lors des élections communales du 14 octobre. Sa recette? Pas de populisme, mais des propositions claires, à communiquer littéralement en “porte-à-porte”.

MONS Le MR est au début d’une année cruciale. Le parti du Premier ministre Charles Michel n’est pas sorti indemne des élections communales et devra mettre dans son programme, un certain nombre de points sur les “i” libéraux. Doit il se rapprocher d’Ecolo ? Ou doit-il jouer sans complexe la carte “de la droite”, comme le conseille l’ancien secrétaire d’Etat Theo Francken (N-VA) ? Selon Alain Destexhe, à droite sur l’échiquier des valeurs libérales, la migration doit devenir le thème numéro un de son parti. 

Le porte-parole politique Georges-Louis Bouchez n’est pas d’accord. « La migration et l’identité sont des thèmes importants, bien sûr », a-t-il déclaré. «Ils nous distinguent également des autres partis francophones. La migration doit être stricte et contrôlée. C’est aussi une partie importante de notre programme. Mais le MR est un grand parti. Nous ne sommes pas uniquement focalisés sur la migration, mais nous sommes également concernés par le pouvoir d’achat, la poursuite de la réforme de la fiscalité, l’Europe et les transitions économiques et écologiques. 

Migration et identité, dites-vous. Comment voyez-vous cette dernière ?

«Beaucoup plus large que la seule migration. Il s’agit de la façon de vivre ensemble. L’intégration est une grande partie de cela. Vous savez qu’en 2005, lorsque Valéry Giscard d’Estaing a soumis à la Commission européenne une proposition de constitution, il y avait aussi une référence à l’héritage judéo-chrétien de l’Europe. Et que vous le vouliez ou non, cet héritage est là. Vous pouvez le voir dans le patrimoine, dans des traditions telles que le Te Deum ou dans notre calendrier. En tant que libéral, je pense naturellement que l’Église n’a aucun rôle politique à jouer, mais vous ne pouvez pas nier cet héritage. C’est ici que s’ajoutent toutes les réalisations libérales telles que l’égalité entre hommes et femmes, la neutralité de l’État et la liberté de parole. C’est un cadre solide, tant pour les nouveaux arrivants et que les citoyens belges. Vous devez être d’accord avec celui-ci si vous venez vivre dans notre Pays. Dans le cas contraire, il y a plein d’autres pays parmi lesquels choisir une destination.

Que pensez-vous de l’appel de Theo Francken à se déplacer plus à droite?

«J’apprécie beaucoup Theo Francken, mais quand il dit que l’on doit aller encore plus à droite, cela me semble être une direction qu’il choisit pour lui-même. Prenons la politique migratoire que nous avons depuis quatre ans. Il était à la manoeuvre et nous continuons toujours la politique qu’il a initiée. Oui, nous voulions que davantage d’immigrés clandestins soient renvoyés dans leur pays d’origine et cela nécessite des accords. Mais notre communication est très différente. La campagne de communication de la NVA retirée des médias sociaux était … nous on n’oserait même pas penser à une telle campagne. Nous restons cohérents avec nous mêmes, on ne va pas faire du Viktor Orban (en français dans le texte).

Le MR est sous pression. La politique fédérale a apparemment influencé négativement le résultat des élections communales.

« Le résultat était … acceptable. Dans les endroits où ça ne l’était pas, les responsables locaux doivent oser se remettre en question. Vous ne pouvez pas tout mettre sur le dos de la politique fédérale. Ce que nous ne devrions certainement pas faire, c’est entrer dans la campagne en nous excusant. Il n’y a pas le moindre regret à avoir concernant notre bilan avec la N-VA. Le MR a pu mener à bien son programme. Il y a plus de 230 000 nouveaux emplois, l’augmentation du pouvoir d’achat, notre présence internationale plus forte, le transfert fiscal. Les réalisations du gouvernement wallon avec le MR sont également impressionnantes. La redevance TV a finalement été abolie. Nous avons mis en œuvre une réforme fiscale, équilibré le budget wallon et supprimé six cents mandats politiques! Et la Wallonie ne s’en porte pas plus mal pour autant. »

« Nous devons maintenant rompre avec le négativisme. Nous devons montrer à nouveau à la classe moyenne que nous sommes son parti. Nous n’avons pas à changer notre programme pour cela. Tout y est, y compris l’écologie. Nous devrons utiliser certains points avec plus d’audace.”

Le charme pour chaque parti après un résultat décevant: la pédagogie.

«Mais uniquement si nous l’appliquons d’abord à nous-mêmes. Regardez, à Mons, j’ai appris que travailler sur le terrain (en français dans le texte) est extrêmement important. A toutes les personnes que j’ai réussi à convaincre moi-même je leur ai demandé de convaincre elles-même 3 autres personnes. C’est ainsi que l’on gagne des élections mais cela n’est possible que si votre message est clair. Les gens doivent pouvoir dire : je vote pour le MR pour cette raison, point. C’est malheureusement la force des partis populistes qui ont le vent en poupe en Europe. Un démocrate aura toujours plus de difficultés à faire valoir son point de vue qu’un populiste qui lui se contente de saupoudrer des slogans.

Voulez-vous transformer le MR en un parti populiste démocratique ?

« Non, mais je crois en un mouvement populaire (en français dans le texte). MonsenMieux! est un mouvement populaire. Attention, cela n’a rien à voir avec le populisme. Par populaire, je veux dire que nous nous adressons à la plus grande part de la population, la classe moyenne. Il ne faut pas aborder ces gens avec des mesures timides et irréalistes, il faut d’abord être concret. « Nous défendons cette réforme et par conséquent nous pensons que vous en tirerez une partie des bénéfices. » Nous devons aller au devant de l’électeur avec seulement une poignée de propositions claires, calculées et chiffrées, mais nous devons aussi pouvoir les expliquer en deux phrases.

«En Belgique francophone, la gauche est très bonne pour faire cela. Mais cela ne doit pas nous arrêter. Tout le monde doit être sur le pont pour mener notre projet à bien, même dans les endroits où à priori nous ne sommes pas les bienvenus. La gauche n’a pas le monopole du contact direct avec le peuple. Avec Olivier Chastel (président du MR, ndlr.), Je suis allé voir les Gilets Jaunes. Cela grogne au début. Il y a toujours des gens qui ne veulent pas participer à la discussion, mais ce n’est certainement pas la majorité. Beaucoup de gens pensent que les politiciens ne les écoutent plus. Notre rôle n’est pas d’essayer de les convaincre immédiatement mais au moins d’entamer le dialogue sinon ils se jetteront dans les bras des populistes ou ne voteront même plus.

Le MR cible donc principalement la classe moyenne?

« Elle est le moteur de la démocratie. Si elle est sous pression, la démocratie se grippe et le populisme apparaît.  »

Marionnette

Bouchez s’entend bien avec les top-N-VA comme Theo Francken. Ils se sont régulièrement encensés l’un l’autre dans leurs interviews respectives. Mais l’interview de Bart De Wever, Jan Jambon et Sander Loones réalisée le week-end juste après la sortie du gouvernement de la N-VA et dans laquelle ils désignaient Charles Michel comme leur « marionnette », a laissé des traces. “L’attitude de la N-VA au cours des dernières semaines, notamment lors de cette interview, peut difficilement être qualifiée de constructive. En tant que parti politique, vous devez être cohérent. On ne peut pas bien travailler ensemble pendant quatre ans et demi, jusqu’à la dernière minute dire que c’est un gouvernement extraordinaire, faire l’éloge des qualités du Premier ministre et proclamer, une semaine plus tard, que vous ne voyiez ce dernier, en fait, que comme votre pantin.

Y a-t-il encore un avenir commun possible?

«La N-VA devra choisir. Si elle veut mener des réformes économiques, si elle veut contribuer à la modernisation du pays, si elle veut plus de sécurité et une migration contrôlée, elle doit parvenir à un accord avec le MR. Mais si le confédéralisme est ce que veut la N-VA, elle devra s’adresser au PS. Elle doit s’en rendre compte.

Le MR est-il prêt à déclarer des articles constitutionnels susceptibles de révision?

« Nous verrons, il est encore temps. Les articles qui font référence à l’identité et aux valeurs, à la laïcité, pourquoi pas? Mais pour le MR, il ne peut être question de démanteler l’Etat fédéral.

« En réalité, ce n’est pas vraiment le moment de perdre du temps. Que nous le voulions ou non, le Brexit arrive. La chance d’un « no deal » reste grande. En tant que principal partenaire commercial de la Grande-Bretagne, les conséquences seront énormes pour nous. Allons-nous négocier dans un endroit reclu pendant des mois pour savoir ce qui devrait être régionalisé dans le code de la route? Vraiment?

Quelles seront les élections les plus importantes?

« Elles sont toutes importantes. Nous sommes dans un contexte très particulier. Une différence de un ou deux pourcent(s) peut avoir des conséquences majeures. Mais nous ne connaissons pas encore le domino qui mettra les choses en mouvement. Faut-il privilégier Bruxelles pour après avoir un levier permettant de décider de la formation régionale? Devrions-nous simplement faire en sorte que nous soyons incontournables au fédéral et que nous co-gérions de manière régionale? Mais en réalité, tout cela ne sont que des réflexions de comptoir. Le MR doit simplement atteindre le meilleur résultat possible. Dans les sondages, nous ne sommes pas encore au niveau de 2014, mais la campagne n’est pas encore commencée. Pas de panique. (en français dans le texte) »

Qui est “GLB” ?

Georges-Louis Bou … qui ? Bouchez. L’ambitieux jeune avocat montois est issu de l’écurie du vice-Premier ministre Didier Reynders (MR). GLB se dit « combattant » et a été l’un des rares membres du MR à sortir son épingle du jeu le 14 octobre. Et cela dans un bastion rouge par excellence, Mons, la maison du président du PS, Elio Di Rupo. Il ne l’a pas fait sous le drapeau MR, mais il l’a fait avec MonsenMieux! Il occupe la 3ème place du classement des votes de préférence. Il a augmenté la présence du MR dans une région où le résultat était loin d’être bon partout. Bouchez s’est engagé dans une opposition “dure”. Trop dure, selon certains. Au début de la précédente mandature communale il faisait partie de la majorité, mais en a été éjecté par le PS, car selon celui-ci, il leur rendait la vie impossible.

Il y a quelques semaines et en plein accord avec le Premier Charles Michel (MR), Bouchez a obtenu le rôle de porte-parole politique 

En Belgique francophone, il est un invité de choix dans les programmes politiques. Pas encore en Flandre pour le moment mais avec les élections en vue, il suit un cours intensif de néerlandais

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